Retour sur le SIAL 2012

Le SIAL c’est un peu comme internet, on va de stand en stand comme de blog en tumblr. Et comme sur les internets on trouve de tout, du génial, du banal, du wtf. Passer une journée au SIAL s’apparente donc à une journée de sérendipité passée sur le net, à voguer entre les presque 60000 stands qui sont autant de promesses de découvertes et de surprises.
Le SIAL c’est quoi ? c’est le Salon International des Professionnels de l’Agro-Alimentaire, près de 100 nations représentées et 140000 visiteurs sur 5 jours.
Et que fait l’Analytique de l’Aliment quand il a l’occasion d’y aller ? Il se remplit le ventre et les poches pardi ! Il ne faut pas avoir peur de passer du foie gras au beurre de cacahuète, puis au sirop d’érable pour ensuite gouter de la charcuterie roumaine. Le tout en récupérant les innombrables goodies et échantillons qui pourraientt nourrir quelques villes.
On y parle surtout business, anglais et gros sous. Ici l’unité de mesure la plus répandue est la palette et mieux vaut avoir un bon stock de cartes de visite.
En accompagnant Eric, qui nous a invités à le suivre pour une journée là bas, nous nous sommes surtout concentrés sur les tendances qui se dégageaient de l’édition 2012 du SIAL. Il s’agit bien sûr de notre avis tout à fait partial et incomplet que voici.

Les liquides :

Energy drinks, energy drinks et encore energy drinks. On en trouvait partout, nos préférés (en termes de concept) : le superman Energy Drink et le Cannabis Drink pour son concept a priori contre intuitif. Mention spéciale au Quiet Drink qui reprend les codes de canettes d’enrgy drinks pour proposer une boisson de relaxation (que nous n’avons pas gouté mais qui était en lice pour le prix de l’innovation dans la catégorie boisson sans alcool).
Autre grande tendance en particulier chez les producteurs asiatiques : les eaux aromatisées à l’aloe vera, très rafraichissantes et douces au gout.
Belles découvertes :
  • Le Fritz Kola (Allemagne) propose un cola alternatif goûteux et super bien packagé, on en reparle bientôt.
  • Les bières à base de grains torréfiés et bière de glace ont été nos favorites, brassées par L’Alchimiste.

Les solides :

La viande vegan a retenu toute notre attention par sa qualité et son goût. Grands amateurs de barbaque bien saignante, nous avons été surpris par la proximité de texture et de gout de cette « viande ». Pour mieux saisir les enjeux de la viande « naturelle-reconstituée » on vous conseille d’ailleurs la lecture de ce papier du JDN .
Le gluten free était très présent, notamment chez les acteurs américains du marché et il commence aussi à arriver en France.
Coup de coeur de la journée, la marque Wildy Delicious Food nous a épaté avec ses confitures et marmelades (betterave et oignons rouges, à tester d’urgence) et avec ses packagings hyper élégants.
Côté français, on notera l’arrivée imminente d’un beurre cacahuète made in France ainsi que d’un concept de siphons prêts à l’emploi pour la préparation de verrines (on a testé les recettes de fromages, c’est très très salé). Regret de notre part, le manque d’originalité de quelques marques qui pompent l’imagerie simple et enfantine de Michel & Augustin : petits personnages mignons, typos naïves, tout y est.

Quel sont les trucs les plus bizarres ou surprenants que l’on ai goutés et vus ?

  • Du sauté de boeuf sans viande, excellent
  • Une boisson à base de wasabi …
  • Du bacon cuit au micro-ondes, assez bon et pas trop salé
  • Les truffes et cèpes clonés, made in China
  • Du guacamol lyophilisé, bof
  • Les wiki-cells, emballages comestibles dont on reparlera ici bientôt

Bilan de la journée

Il faut prévoir : une bonne paire de chaussures, des sacs vides, un estomac en forme. Le SIAL est un salon professionnel, les gens sont là pour faire des affaires et on ne reste pas 20 minutes à discuter de la façon dont les biscuits sont cuits dans un four à l’ancienne. Ce qui n’empêche pas les rencontres sympathiques avec des gens du monde entier (les Français ne sont pas les meilleurs dans le domaine).
Pour des gens comme nous, qui n’avaient pas d’affaires à faire, c’est l’incroyable et unique occasion de faire le tour du monde de l’industrie gastronomique en quelques heures et de découvrir des produits fous que l’on ne verra sans doute jamais hors de leur pays de production. De l’autre côté du miroir on constate à quel point la food est un énorme marché global où un producteur laitier bulgare peut venir proposer une « variante » du parmesan pour un prix 20% inférieur à l’original, un marché où les légumes surgelés viennent de Chine, la viande du Brésil et le blé d’Europe de l’est.
Pour terminer ce long article, un IMMENSE merci de tout notre coeur à Eric, tenancier de l’Epicerie Fine – Restaurant Le Village  (25, rue Bouchardon – 75010 Paris). Merci à toi Eric de nous avoir invité, conduit, guidé et éclairé tout au long de cette journée.